Homélie du 26 mars 2013 – Mardi saint

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Homélie du 26 mars 2013 – Mardi saint2013-03-26T14:53:07+00:00

Jésus, à l’heure de « passer de ce monde au Père », et lors de son dernier repas avec ses disciples, est ” bouleversé au plus profond de lui-même ” comme vient de le dire St Jean. Avant de parler de trahison, de reniement, l’évangéliste parle du trouble de Jésus, de son inquiétude, de sa sérénité mise à mal.  Jésus a beaucoup souffert, mais la plus grande de ses souffrances a-t-elle été celle de  la flagellation, du couronnement d’épines, de son agonie, la mort sur la Croix ? On peut se le demander, car il existe des souffrances qui, en transperçant notre cœur et notre âme, nous font plus mal que celles que nous pouvons subir dans notre chair.  Jésus a été vendu par un de ses apôtres : Judas. Il a été renié par un de ses amis : Pierre. Il a été abandonné par tous ses disciples. N’est-ce pas à ces moments qu’il a le plus souffert ? Jésus savait que l’un des siens le livrerait. Il aurait pu le désigner du doigt et le lui crier à la figure. Il ne l’a pas fait. Il a au contraire traité si discrètement cette affaire avec Judas qu’aucun des disciples ne s’en est rendu compte. Il y a des souffrances qui nous font tellement mal qu’on aime mieux les garder pour soi. Livré par Judas, Jésus devait par la suite être trahi par Pierre. Cela aussi, il la savait. Pierre, lui, ne le savait pas; il ne s’imaginait pas descendre aussi bas, nous venons de l’entendre claironner qu’il donnerait sa vie pour Jésus.  Judas est sorti, il faisait nuit, insiste Jean dans ce passage. Ne sommes-nous pas parfois sur le point de sortir dans la nuit ou de rester dans la nuit,  alors que chaque jour nous recevons de sa main une part de pain consacré ? C’est à un acte de lucidité que nous sommes invités. Pour suivre le Christ jusqu’au bout, il nous faut cesser de nous croire, comme Pierre, de bons et fidèles serviteurs, cesser de dire comme Isaïe dans la première lecture : « je me suis fatigué pour rien, c’est en pure perte que j’ai usé mes forces ». Si nous savons éviter l’écueil de la présomption de Pierre et l’écueil du découragement chez Isaïe, alors nous sommes prêts à nous unir au véritable et unique Serviteur.