Bernardvillé - Alsace

Guillaume de Saint-Thierry (1085 – 1148)

Guillaume de Saint-Thierry – Image Internet

Né à Liège vers 1085, Guillaume s’expatrie pour faire ses études dans le nord-est de la France, à Reims ou à Laon. Il prend à l’age de vingt-huit ans l’habit monastique dans l’abbaye bénédictine de Saint Nicaise de Reims, alors en pleine ferveur. Six ans plus tard il est abbé du monastère bénédictin de Saint-Thierry, près de Reims, dont il fera la célébrité. Peu avant son élévation à l’abbatiat il avait fait la connaissance de Bernard avec qui il s’était lié d’amitié, partageant ses aspirations pour une vie dépouillée et plus conforme à la pensée de saint Benoît.

Il désire entrer à Clairvaux, mais Bernard s’oppose à la vocation cistercienne de Guillaume. En 1135, à l’âge de cinquante ans, passant outre l’avis de Bernard, Guillaume se retire comme simple moine à l’abbaye de Signy, dans les Ardennes, fondation de Citeaux. Ce séjour à Signy est fécond : Guillaume écrit beaucoup : un « Commentaire du Cantique des Cantiques« , l’ « Enigme de la foi », et surtout la « Lettre d’Or », apologie de la vie des frères chartreux du Mont-Dieu, et discret traité de vie ascétique et mystique. L’ouvrage, un « best-seller » sera connu dans tous les milieux, religieux, cléricaux et universitaires.

Excellent théologien et philosophe, Guillaume est aussi un grand mystique. Moine avant tout, il contribue plus qu’un autre à la théologie de l’expérience de Dieu, fondée sur la foi, dont l’objet ne peut être atteint que par l’amour. C’est l’Esprit-Saint, union du Père et du Fils, qui communique à l’âme cet amour réciproque du Père et du Fils. Cette mystique trinitaire est l’apport le plus original et le plus riche de la pensée de Guillaume.