Bernardvillé - Alsace

Saint Bernard : une dimension européenne

saint Bernard (image : Saint Bernard, la tradition vivante)

saint Bernard (image : Saint Bernard, la tradition vivante)

Troisième enfant d’une fratrie de sept, fils de Tescelin Sorrel et Aleth de Montbard, Bernard naît dans une famille de la moyenne noblesse au château de Fontaine-les-Dijon (Côtes d’Or) en 1090 et décède en 1153. A l’école canoniale de Châtillon sur Seine où il est envoyé à l’âge de neuf ans, il montre un goût particulier pour la littérature.

Citeaux, le « Nouveau Monastère » est fondé en 1098 par Robert, moine bénédictin venu de Molesme avec quelques frères de sa communauté. Etienne Harding, l’un d’eux, vient d’en être élu abbé lorsqu’ en 1112, âgé de vingt-deux ans, accompagné d’une trentaine d’amis et membres de sa famille, Bernard rejoint la jeune fondation. Une aubaine, car cette entrée en masse donnera à l’Ordre Cistercien naissant son véritable essor. C’est que Bernard est un infatigable entraîneur de foule, un leader…

« Saint Bernard a une dimension européenne et c’est un des aspects de son personnage qui attire le plus en lui. Son action a très vite une dimension internationale : il correspond avec des hommes et des femmes, obscurs ou puissants, répartis dans toute la chrétienté, latine et orientale. Les monastères cisterciens sont fondés dans toutes les régions, depuis l’Ecosse jusqu’en Grèce, depuis le Portugal jusqu’à la Baltique. Ses interventions sont innombrables.

Bien qu’il ne dispose d’aucun pouvoir politique institué, il est appelé comme arbitre dans des situations difficiles et souvent parvient à obtenir la paix entre des villes, des rois, entre l’Eglise et les gouvernants. L’Europe qu’il connaît est antérieure à la formation des nations et des états que nous connaissons aujourd’hui. Elle est pourtant très unie, notamment par un fait qui permet à la parole de Bernard d’avoir une efficacité si prodigieuse à travers des pays si divers : les hommes de ce temps, à la différence du nôtre où chacun « a sa vérité », croient qu’il y a une vérité et donc des témoins pour la révéler. Il nous a laissé un héritage spirituel et une présence personnelle qui sont précieux dans un monde qui change. Il peut nous enseigner à remettre Dieu et l’homme en relation pour dépasser la crise actuelle due « à un anthropocentrisme prétentieux » pour reprendre l’expression de Vaclav Havel. » (Article extrait de Saint Bernard – La tradition vivante)